Tenir un mois ne suffit plus. Face à la menace d'un blocus chinois, Taïwan veut pouvoir combattre quatre fois plus longtemps. Le ministère de la Défense a présenté un programme d'urgence pour reconstituer ses stocks de munitions, alors que l'île entre dans un automne chargé, entre pression de Pékin et élections locales.
De 30 à 120 jours
Le programme dit de « réapprovisionnement urgent en munitions » prévoit de consacrer plus de 27 milliards de dollars taïwanais (environ 850 millions de dollars américains) sur six ans, de 2026 à 2031. Objectif : porter les stocks de munitions prêtes au combat de 30 à 120 jours.
Sont concernés notamment les obus de chars de 120 et 105 mm, les munitions de canon de 30 mm, les charges propulsives des obus d'artillerie de 155 mm et des explosifs. Pour 2026, 7,3 milliards de dollars taïwanais sont déjà prévus.
« Pouvoir tenir pendant un blocus. »L'objectif affiché du plan

Des avions qui se font attendre
Côté aviation, la livraison des 66 chasseurs F-16V commandés aux États-Unis, initialement attendue d'ici fin 2026, a pris du retard en raison de déménagements de chaînes de production. Les industriels américains ont augmenté les cadences pour rattraper une partie du retard.
Pékin serre la vis diplomatique
La pression chinoise se joue aussi loin du détroit. En avril, Madagascar, Maurice et les Seychelles ont retiré l'autorisation de survol à l'avion du président William Lai, à la demande de Pékin selon Taipei. Un sénateur américain a appelé Washington à contrer ces tactiques d'isolement.
Un test électoral le 28 novembre
Sur le plan intérieur, les Taïwanais voteront le 28 novembre 2026 pour leurs élections locales : plus de 11 000 élus, maires, magistrats de comté et conseillers, doivent être désignés par près de 19,7 millions d'électeurs. Le Kuomintang, en tête lors du précédent scrutin, affronte le Parti démocrate progressiste du président Lai, dans un contexte de vigilance accrue contre les ingérences étrangères.
