Les données de millions de citoyens, les démarches administratives en ligne, les serveurs de l'État : en Albanie, tout passe par une seule agence, l'AKSHI. C'est elle qui se retrouve au cœur d'un vaste scandale de marchés publics, qui a déjà conduit à des saisies de près de 40 millions d'euros.
Une agence au cœur de l'État
L'AKSHI (Agence nationale de la société de l'information) gère les systèmes numériques du gouvernement albanais, dont la plateforme e-Albania et les données des citoyens.
Le dossier porte sur des contrats de maintenance de serveurs. Le 16 décembre 2025, le parquet spécial anticorruption (SPAK) annonce une enquête et poursuit huit personnes, soupçonnées d'avoir truqué au moins douze procédures de marchés publics.

Des paiements qui continuent
La directrice de l'agence, Mirlinda Karçanaj, et sa directrice adjointe sont placées en résidence surveillée. Deux hommes d'affaires sont recherchés après avoir échappé à leur arrestation.
En février 2026, une enquête journalistique révèle que des paiements aux sociétés soupçonnées ont continué après l'annonce de l'enquête.
« Les paiements ont continué après l'annonce de l'enquête. »Selon une enquête publiée en février 2026
40 millions d'euros saisis
En avril 2026, le SPAK saisit environ 52 biens immobiliers et plusieurs comptes bancaires, pour une valeur totale proche de 40 millions d'euros.
Les chefs d'accusation vont du blanchiment d'argent à la manipulation de marchés publics, en passant par la participation à une organisation criminelle. Les personnes poursuivies contestent les faits.
Les personnes mises en cause sont présumées innocentes tant que leur culpabilité n'a pas été établie par un tribunal.
