Plus de quatre mois de travaux, des auditions sous haute tension et, au bout, un vote serré. Le 27 avril 2026, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'audiovisuel public a adopté le rapport de Charles Alloncle par 12 voix contre 10. Un texte qui propose de redessiner en profondeur France Télévisions et ses chaînes.
Une commission née d'un droit de tirage
La commission d'enquête « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public » a été créée le 28 octobre 2025, à l'initiative du groupe Union des droites pour la République (UDR), qui a utilisé son droit de tirage annuel.
Le 12 novembre 2025, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) en est élu président et Charles Alloncle (UDR) désigné rapporteur. Les auditions s'enchaînent, dont celles du président de l'Arcom, Martin Ajdari, et de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci.
Des travaux sous tension
Très vite, l'ambiance se tend. Le président de la commission reproche publiquement au rapporteur une « hypermédiatisation » qui, selon lui, nuit à la crédibilité et à l'impartialité des travaux.
Jérémie Patrier-Leitus va jusqu'à dénoncer un « détournement » de la commission, transformée selon lui en « procès individuels » et en « tribunal politique ».
« Un tribunal politique. »Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission

Un vote arraché de justesse
Le 27 avril 2026, réunis à huis clos pendant plus de quatre heures, les députés adoptent le rapport par 12 voix contre 10, et 8 abstentions. Le document, de plus de 550 pages, est publié le 5 mai 2026.
Signe des désaccords, il s'ouvre sur un long avant-propos du président de la commission, qui y exprime ses réserves sur la conduite des travaux.
Ce que propose le rapport
Parmi les 69 recommandations du rapporteur :
- la suppression de France 4 et de France TV Slash, dédiées aux jeunes publics ;
- la fusion de France 2 et France 5 en une « grande chaîne généraliste » ;
- le regroupement de Franceinfo TV et France 24 en une seule entité ;
- au total, selon le rapporteur, plus d'un milliard d'euros d'économies.
Et maintenant ?
Un rapport de commission d'enquête n'a pas force de loi. Ses recommandations devront, pour s'appliquer, être reprises par le gouvernement ou faire l'objet de textes votés par le Parlement. Mais le débat sur l'avenir et le coût de l'audiovisuel public, lui, est relancé.
Sources
- LCP, « Commission d'enquête sur l'audiovisuel public : le rapport de Charles Alloncle publié », 05/05/2026
- LCP, « Le président de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public fustige Charles Alloncle »
- Franceinfo, « Quelles suites après l'adoption du rapport de Charles Alloncle ? »
- Assemblée nationale, page de la commission d'enquête
